Les gays ont gagné: l’Europe leur appartient
(Article publié dans le quotidien italien Il Giornale le 14 mars 2012. Je l’ai traduit moi-même, désolée si ce n’est pas toujours très clair mais je n’ai pas eu beaucoup de temps pour la traduction)
Le Parlement Européen demande la reconnaissance du mariage gay dans tous les pays. Après avoir perdu notre souveraineté économique, nous risquons maintenant de nous faire imposer une éthique.
Que l’Europe chrétienne impose aux Etats membres, à travers un vote du Parlement européen, la destruction de principes moraux aurait sans doute perturbé Benedetto Croce (philosophe italien, ndlr) et Altiero Spinelli (homme politique italien un des pères fondateurs de l’UE, ndlr)
Il est vrai qu’en ce qui concerne “l’égalité des chances”, les décisions du Parlement définissent en principe son respect, que ce soit pour les droits ou les devoirs et, comme en Espagne, autorise les unions civiles équivalentes au mariage. Le mariage gay donc. Pourquoi refuser à deux hommes ou deux femmes de s’unir par les liens du mariage, pour former une famille reconnue par l’Etat ? Les sentiments peuvent-ils être réstreints par le sexe ? Pour les personnes qui suivent des préceptes religieux, ces principes s’appliquent toujours comme un choix de la foi sans pour autant violer les droits des non croyants.
Tout est juste et vrai en apparence. Pourquoi est-ce que les religions et la morale devraient-ils interférer avec les compétences de l’Etat ? Et pourquoi la famille devrait-elle s’inspirer du modèle chrétien ? Il y aurait effectivement quelques raisons mais nous ne devons pas nous en occuper et nous ne devons pas non plus nous occuper du fait de vivre dans une société majoritairement chrétienne. Ce dernier fait n’a pas empêché l’introduction du divorce. Si une personne est catholique pratiquante elle ne divorce pas. Mais la question de la famille et des unions est plus épineuse. En effet, les raisons qui ont porté et portent toujours à cette revendication ne sont pas de nature éthique mais pratique. Elles concernent l’assistance, l’héritage et les retraites. Depuis des années, la liberté sexuelle et la déclaration publique de la propre orientation sexuelle sont largement reconnues. L’image de la jeune mère et du “pédé” enfermés dans leur ghetto a disparue. Que prétendent-ils d’autre ? Et ici commence la résistance du gouvernement aux prises avec la maîtrise des dépenses publiques.
Le président du Conseil Mario Monti, non pas par question de principes ou parce qu’il est pratiquant, mais parce qu’il est aujourd’hui le tuteur de la stabilité du bilan de l’Etat, est intervenu sur les limites des retraites. Il ne peut donc pas multiplier les retraites reversées (au survivant du couple, ndlr) prétendues par les unions civiles. Quand un homme meurt, son jeune compagnon pourra, comme une épouse, obtenir les bénéfices de sa retraite. Ce qui ne valait que pour mari et femme, vaudra alors pour mari et mari ou femme et femme et augmentera de façon vertigineuse la dette publique. Et puisque ce sont des raisons matérielles et non pas morales qui ont porte à la décision du Parlement européen, Monti devra empêcher la faillite de l’Etat en limitant les unions civiles au seul symbole. C’est la seule façon pour l’Etat de se sauver d’une destruction. Economique et non pas morale.